Open Data

La loi pour une République Numérique devrait entrer en vigueur dans les prochaines semaines : le 27 septembre, le Sénat examinera les conclusions de la commission mixte paritaire sur le projet de loi, qui a été adopté par l’Assemblée nationale le 20 juillet dernier. Le projet de loi devrait, ensuite, être définitivement adopté 15 jours plus tard, et cela si elle ne fait l’objet d’aucune saisine du Conseil Constitutionnelle. Ce qui porte sa promulgation à la mi-octobre, suivi de sa mise en application.

Les quelque 5 000 collectivités locales de plus de 3 500 habitants auront alors l’obligation de rendre accessibles les informations publiques en leur possession.

Si la plupart des grandes collectivités se sont déjà engagées dans cette voie, il n’en demeure pas moins que certaines vont devoir partir de zéro pour se mettre aux normes, ce qui risque de ne pas être simple.

Comment bien lancer son projet Open Data ?

Tout d’abord il est important de ne pas voir se projet comme une contrainte, l’Open data est une démarche que bon nombre de collectivités ont déjà expérimentée avec succès. Il est important de considérer cette démarche comme un projet d’avenir bénéfique pour le citoyen.

Quels coûts sont à prévoir ?

Comme toute chose, ce projet nécessite un investissement initial et constant :

  • Financièrement : fin de certaines redevances, prestation d’accompagnement, création d’une plateforme dédiée et choix d’un mode d’hébergement adapté à une mise à disposition pérenne de volumes croissants de données
  • D’un point de vue organisationnel et humain : implication des agents dans la constitution et le maintien de ces données à jour
Comment faire en pratique ?

Au-delà du lancement et de l’accompagnement au changement que l’on met en place en interne, il est nécessaire de :

  • Identifier les données pertinentes à mettre à disposition : les données pouvant être intéressantes dans le cadre d’une réutilisation, comme les données liées aux transports par exemple.
  • Isoler les données personnelles, afin de les protéger et d’anonymiser les données le nécessitant. La CNIL a établi un certain nombre de recommandations concernant les différents types de données, les collectivités doivent veiller à s’y soumettre. Il peut également être nécessaire de faire appel à un expert pour faire le tri entre les données personnelles et les données indirectement personnelles (lorsque le recoupement de plusieurs jeux de données peut permettre d’identifier des individus).
  • Mettre en place ou affiner le traitement et l’organisation des jeux de données : les collectivités sont de plus en plus vigilantes dans l’organisation des données et dans la mise en place de logiques d’archivages internes, mais il peut être nécessaire de repenser certaines méthodes de travail. Il peut s’agir de rationaliser les formats et de mettre en place une structure pertinente et facile à prendre en main par les internautes.
  • Mettre à disposition les données sur une plateforme adaptée : le site web de la collectivité n’est pas forcément taillé ni structuré pour recevoir ces jeux de données. Il est important de proposer une plateforme offrant des fonctionnalités de recherche avancée et un solide hébergement. L’état propose d’ailleurs plusieurs plateformes au niveau national, permettant aux producteurs de données de les mettre à disposition : la plus connue est data.gouv.fr et la plus récente étant api.gouv.fr, pour ne citer qu’elles.
  • Maintenir les données ouvertes à jour : dans le cadre d’une réutilisation effective, il est important de maintenir la fiabilité de ses données à travers des mises à jour régulières et un travail constant des agents en termes de production et de qualité. C’est pourquoi, un tel projet nécessite une forte implication, et de convaincre les agents du bien-fondé d’une telle démarche.

Le lancement d’un projet d’Open Data est donc avant tout un projet interne, nécessitant une démarche d’accompagnement au changement, voire d’évangélisation : la mise à disposition n’étant que la partie visible de l’iceberg. Les collectivités encore néophytes sur la question auront besoin de temps et d’accompagnement.

La mission de l’association OpenData France

Conscient de ces enjeux et afin de pallier à ces blocages, l’association OpenData France a été mandatée depuis 2013 pour proposer un plan d’aide et d’accompagnement des collectivités. Une réflexion a été menée à travers l’organisation de rencontre avec des collectivités, des start-ups et des associations pour identifier les besoins de chacun.

Des pistes ont d’ores et déjà été identifiées pour faciliter et soutenir ces projets d’Open Data, comme :

  • La création de véritables écosystèmes territoriaux autour de l’ouverture des données en réunissant l’ensemble des données de plusieurs collectivités sur une même plateforme : dans le but d’impliquer l’ensemble des acteurs d’un territoire et d’assurer une mise à niveau par la formation des acteurs les moins avancées
  • La création d’un socle de données commun défini et obligatoire pour toutes les collectivités, afin de faciliter la démarche dans un premier temps et de permettre aux collectivités de proposer des données comparables au niveau national. Ces données pourraient d’ailleurs être issues des données que les collectivités transfèrent déjà aux services de l’état, cela permettrait de garantir un déploiement rapide de données qualitatives
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