Articles

Découvrez notre offre open innovation : Youinnov

Pour faire face à l’accélération de l’économie et à une concurrence exacerbée, les entreprises doivent mettre en place un management de l’innovation. Cela passe notamment par une meilleure écoute des clients, la mobilisation de leurs collaborateurs, des sous-traitants, des partenaires…

Notre offre permet d’accompagner les entreprises publiques et privées dans la mise en place de démarches d’innovation ouverte. Elle s’inscrit dans une optique de management de l’intelligence collective en capitalisant sur les parties prenantes de l’entreprise (clients, collaborateurs, sous-traitants, partenaires…).

Elle se caractérise par une démarche outillée autour de 3 outils :

A découvrir sans plus attendre ! L’offre Youinnov.

 

Open Data : le compte à rebours a commencé

La loi pour une République Numérique devrait entrer en vigueur dans les prochaines semaines : le 27 septembre, le Sénat examinera les conclusions de la commission mixte paritaire sur le projet de loi, qui a été adopté par l’Assemblée nationale le 20 juillet dernier. Le projet de loi devrait, ensuite, être définitivement adopté 15 jours plus tard, et cela si elle ne fait l’objet d’aucune saisine du Conseil Constitutionnelle. Ce qui porte sa promulgation à la mi-octobre, suivi de sa mise en application.

Les quelque 5 000 collectivités locales de plus de 3 500 habitants auront alors l’obligation de rendre accessibles les informations publiques en leur possession.

Si la plupart des grandes collectivités se sont déjà engagées dans cette voie, il n’en demeure pas moins que certaines vont devoir partir de zéro pour se mettre aux normes, ce qui risque de ne pas être simple.

Comment bien lancer son projet Open Data ?

Tout d’abord il est important de ne pas voir se projet comme une contrainte, l’Open data est une démarche que bon nombre de collectivités ont déjà expérimentée avec succès. Il est important de considérer cette démarche comme un projet d’avenir bénéfique pour le citoyen.

Quels coûts sont à prévoir ?

Comme toute chose, ce projet nécessite un investissement initial et constant :

  • Financièrement : fin de certaines redevances, prestation d’accompagnement, création d’une plateforme dédiée et choix d’un mode d’hébergement adapté à une mise à disposition pérenne de volumes croissants de données
  • D’un point de vue organisationnel et humain : implication des agents dans la constitution et le maintien de ces données à jour
Comment faire en pratique ?

Au-delà du lancement et de l’accompagnement au changement que l’on met en place en interne, il est nécessaire de :

  • Identifier les données pertinentes à mettre à disposition : les données pouvant être intéressantes dans le cadre d’une réutilisation, comme les données liées aux transports par exemple.
  • Isoler les données personnelles, afin de les protéger et d’anonymiser les données le nécessitant. La CNIL a établi un certain nombre de recommandations concernant les différents types de données, les collectivités doivent veiller à s’y soumettre. Il peut également être nécessaire de faire appel à un expert pour faire le tri entre les données personnelles et les données indirectement personnelles (lorsque le recoupement de plusieurs jeux de données peut permettre d’identifier des individus).
  • Mettre en place ou affiner le traitement et l’organisation des jeux de données : les collectivités sont de plus en plus vigilantes dans l’organisation des données et dans la mise en place de logiques d’archivages internes, mais il peut être nécessaire de repenser certaines méthodes de travail. Il peut s’agir de rationaliser les formats et de mettre en place une structure pertinente et facile à prendre en main par les internautes.
  • Mettre à disposition les données sur une plateforme adaptée : le site web de la collectivité n’est pas forcément taillé ni structuré pour recevoir ces jeux de données. Il est important de proposer une plateforme offrant des fonctionnalités de recherche avancée et un solide hébergement. L’état propose d’ailleurs plusieurs plateformes au niveau national, permettant aux producteurs de données de les mettre à disposition : la plus connue est data.gouv.fr et la plus récente étant api.gouv.fr, pour ne citer qu’elles.
  • Maintenir les données ouvertes à jour : dans le cadre d’une réutilisation effective, il est important de maintenir la fiabilité de ses données à travers des mises à jour régulières et un travail constant des agents en termes de production et de qualité. C’est pourquoi, un tel projet nécessite une forte implication, et de convaincre les agents du bien-fondé d’une telle démarche.

Le lancement d’un projet d’Open Data est donc avant tout un projet interne, nécessitant une démarche d’accompagnement au changement, voire d’évangélisation : la mise à disposition n’étant que la partie visible de l’iceberg. Les collectivités encore néophytes sur la question auront besoin de temps et d’accompagnement.

La mission de l’association OpenData France

Conscient de ces enjeux et afin de pallier à ces blocages, l’association OpenData France a été mandatée depuis 2013 pour proposer un plan d’aide et d’accompagnement des collectivités. Une réflexion a été menée à travers l’organisation de rencontre avec des collectivités, des start-ups et des associations pour identifier les besoins de chacun.

Des pistes ont d’ores et déjà été identifiées pour faciliter et soutenir ces projets d’Open Data, comme :

  • La création de véritables écosystèmes territoriaux autour de l’ouverture des données en réunissant l’ensemble des données de plusieurs collectivités sur une même plateforme : dans le but d’impliquer l’ensemble des acteurs d’un territoire et d’assurer une mise à niveau par la formation des acteurs les moins avancées
  • La création d’un socle de données commun défini et obligatoire pour toutes les collectivités, afin de faciliter la démarche dans un premier temps et de permettre aux collectivités de proposer des données comparables au niveau national. Ces données pourraient d’ailleurs être issues des données que les collectivités transfèrent déjà aux services de l’état, cela permettrait de garantir un déploiement rapide de données qualitatives

Api.gouv.fr, le nouvel outil de l’état plateforme peut-il faire la différence?

Le 21 juin dernier, la direction interministérielle du numérique (DINSIC) ouvrait son « magasin d’API des services publics » : https://api.gouv.fr/.  Ce nouveau site web s’inscrit pleinement dans la volonté de transformer le rapport de l’état aux services publics, en proposant aux administrations, startups, développeurs, et autres,   de disposer de données structurées et « prêtes à l’emploi », toujours dans une logique d’amélioration des services rendus aux citoyens.

Après France Connect  en début d’année, comme nous vous en parlions dans notre précédent article « Les comptes citoyens : symbole de l’évolution de la relation usagers/collectivités publiques? », ce dispositif marque un pas de plus vers l’état plateforme. Tout en maintenant un engagement fort vers l’ouverture des données en parallèle de data.gouv.fr et Etalab, cette nouvelle plateforme vise à permettre aux institutions de mettre à disposition leurs données à travers des interfaces de type  API.

API vs Données ouvertes, quelle différence ?

L’Open Data et les formes de cette mise à disposition de ces données restent un débat ouvert. Lorsqu’on se rend sur la plateforme data.gouv.fr on se retrouve face à une multitude de formats de données (.ods, .XML, .SHP, .KMZ, etc.). La réutilisation nécessite donc de maitriser ces formats, et, dans le cas où un développeur souhaiterait utiliser plusieurs jeux de données, de les coupler, ce qui peut s’avérer complexe.

https://api.gouv.fr/ APi et données ouvertes, quelle différence?

À cette question du format s’ajoute le fait que ces données, ainsi déposées ne sont pas pérennes, elles doivent être mise à jour régulièrement par les institutions les fournissant. De plus, elles sont mises à disposition de manière asynchrone, ce qui peut être problématique dans le cadre de certains services. La réutilisation de ces jeux de données est donc intrinsèquement limitée par le format et le mode de diffusion.

Une API (Application Programming Interface), pourrait permettre d’échapper à la plupart des écueils cités. La diffusion peut se faire en temps réel, ce flux peut être aisément enrichi, et plus important encore, une API donne aux développeurs une plus grande maniabilité dans l’utilisation de ces données.

Reste à savoir si les institutions sont prêtes à fournir des API, et si celles-ci peuvent être fournies de manière ouverte et en temps réel.

Pourquoi une telle plateforme ?

Avec les nouvelles lois autour de l’Open Data et plus spécifiquement la loi NOTRe, qui oblige les communes de plus de 3 500 habitants, et leurs EPCI, à rendre leurs données liées aux informations publiques accessibles en ligne. Il paraît plus que jamais crucial d’orienter les institutions et les collectivités dans leur mode de diffusion des données.

Les initiatives restent encore localisées à un nombre limité d’institutions et de collectivités, ainsi que sur une infime partie de données. Ce qui restreint inévitablement les projets de réutilisation.

Cette nouvelle plateforme semble se donner trois objectifs forts en s’appuyant sur les API :

  • Faciliter l’accès et la prise en main des données ouvertes
  • Sécuriser la diffusion des données
  • Mettre en avant des projets de réutilisation et donner des indicateurs de performance

En effet, les API permettent non seulement d’accélérer et de faciliter la réutilisation des données par les développeurs, mais également de sécuriser et de contrôler l’usage qui en est fait. Ces interfaces sécurisées entre les données et les services externes peuvent être contrôlées, afin de savoir qui les utilise, comment elles sont utilisées et à combien de reprises, il est également possible d’analyser plus finement l’usage qui en est fait à travers les services développés.

À la différence de la plateforme data.gouv.fr, certaines des API mises à disposition nécessitent d’obtenir une autorisation, permettant, ainsi, de limiter l’accès à un certain type d’utilisateurs : une entreprise par exemple. Dans ce cas l’utilisateur doit renseigner un certain nombre d’informations sur sa structure, voire de disposer d’une autorisation CNIL  lui permettant d’utiliser des API utilisant des données personnelles.

le nombre d’informations non redemandées aux entreprises pour l’API entreprise

Dès l’ouverture de cette nouvelle plateforme de diffusion d’API, on pouvait accéder à des services créés, afin d’apprécier les possibilités offertes. Un mois plus tard, la plateforme en dénombre 15. Certaines API, ayant fait l’objet de services, présentent le bénéfice à travers une donnée : le nombre d’informations non redemandées aux entreprises pour l’API entreprise.

Perspectives, visées et limites

Les perspectives et les visées sont multiples, il s’agit d’encourager cette démarche d’ouverture pour inciter à la création de nouveaux services bien sûr. De fournir davantage de données sous la forme d’API pour permettre aux développeurs de proposer des services novateurs. Envisager de dépasser le niveau local en favorisant l’utilisation de plusieurs types de données, afin permettre à d’éventuelles startups de capitaliser sur ces données, dans le but de pérenniser ces nouveaux services.

Des visées louables, et en phase avec le positionnement d’état plateforme,  souhaitant concevoir autrement les services publics numériques, en permettant aux acteurs publics comme privés de prendre part à la création et au développement des services de demain.

Mais cette nouvelle plateforme peut-elle suffire ?

Face aux différentes plateformes autour de l’Open Data lancé par l’état et les institutions, ne risque-t-on pas de perdre la cible ?

Face aux institutions frileuses en matière d’Open Data et à la multitude de projets possibles, ne manque-t-il pas un chef d’orchestre, plus qu’une nouvelle plateforme de mise à disposition ?

La récupération des données issues de l’open data peine encore à se généraliser, il ne suffit pas de mettre à disposition des données pour que celles-ci soient nécessairement réutilisées.  Les acteurs privés doivent trouver une idée, et parvenir à pérenniser ce service, cela nécessite que l’institution fournissant les données les mette à jour régulièrement et que la société parvienne à monétiser le service proposé d’une manière ou d’une autre.

En effet, cette volonté de permettre aux acteurs privés de prendre part à la création de nouveaux services pose la question des objectifs sous-jacents. Les acteurs du secteur privé ont des motivations autres que le simple « intérêt général ».  Il ne suffit donc pas de trouver un service d’utilité publique, il fait également concevoir un solide business plan.

Les promesses de l’Open Data ne sont-elles donc pas antithétiques ?

Quelle est la place du citoyen dans tout ça ?

Déléguer la création de services aux entreprises du secteur privé, à l’heure où les citoyens souhaitent jouer un rôle de plus en plus important et le montrent à travers les plateformes participatives, ne pose-t-il pas problème ?

Autant de questions cruciales dans le développement des prochaines plateformes tournées vers l’Open Data.

Les sciences participatives : quels leviers et quel positionnement pour la figure du scientifique ?

La mission sur les sciences participatives confiée à François Houllier, PDG de l’Inra et Président de l’Alliance nationale de recherche pour l’environnement, commanditée par le Ministère de l’Education National, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche vient de porter ses fruits. Un rapport détaillé vient d’être remis à Najat Vallaud-Belkacem et à Thierry Mandon le 4 février dernier.

Mission sciences participatives

Ce rapport met en exergue le développement d’initiatives nationales et internationales, présente les bonnes pratiques à destination des porteurs de projet et identifie les leviers pour encourager et mieux encadrer ces initiatives. L’étude s’appuie sur le recueil et l’analyse des témoignages d’experts et d’acteurs sur le terrain, afin d’estimer les opportunités et les investissements nécessaires au développement des sciences participatives sur le territoire.

Ce rapport nous questionne également sur la place et le rôle de scientifique à l’ère du web 2.0, tout comme c’est le cas pour les politiques publics avec l’émergence des civic tech. Avant de nous pencher sur le rôle du scientifique et les leviers et actions pour encourager ces projets, balayons les différentes définitions associées au participatif et au collaboratif dans le domaine scientifique.

Sciences participatives, sciences citoyennes et sciences collaboratives, quelles différences ?

La science est un domaine qui se nourrit tout particulièrement d’observations et d’éléments empiriques, nécessitant du temps pour recueillir et analyser ces informations, ainsi que des ressources humaines importantes. Les amateurs ont souvent été des acteurs clés dans ces processus d’observations de longue haleine sur des territoires éparses.

Face à cette impossibilité numérique d’observer toutes les évolutions, les sciences naturelles sont un domaine où la participation des amateurs c’est imposée d’elle-même. En effet, les institutions et les établissements scientifiques ont commencé à déléguer certaines tâches dès le XIXe siècle en faisant appel aux voyageurs et autres passionnés et en mettant en place des protocoles scientifiques afin d’aiguiller ces scientifiques amateurs, et de disposer de données valides.

Les sciences participatives sont donc des initiatives lancées et structurées par des organismes scientifiques reconnus. Ceux-ci définissent le sujet, le cadre et le protocole de production des données. Ils sont également chargés du recoupement et de l’interprétation des données produites par les participants.

Les sciences citoyennes sont, quant à elles, des initiatives plus spontanées lancées par un individu ou un groupe d’individus aux motivations diverses et variées. Ils peuvent ou non faire appel à des scientifiques pour analyser les données produites.

Les sciences collaboratives, enfin, intègrent une démarche complète plaçant les scientifiques et les participants dans une démarche impliquant une part d’échange et de réciprocité. Le scientifique doit non seulement définir un protocole, mais également mettre en place des points d’étapes, afin de rendre compte de ses conclusions et de ses recherches liées à la démarche. Les participants sont donc impliqués comme partie prenante dans le projet.

Panorama des différents types de démarches scientifiques en ligne

Le numérique est un outil central dans la multiplication de démarches scientifiques participatives, il permet d’impliquer des individus à une échelle régionale, nationale et même internationale. On peut trouver de nombreux exemples sur internet, comme le Museum d’Histoire Naturelle proposant aux internautes de contribuer à l’amélioration des connaissances sur la biodiversité. La plateforme « Galaxy Zoo » est peut-être l’une des plus emblématiques de par sa portée planétaire, elle propose quant à elle aux internautes de participer à la classification des galaxies à partir des prises de vue de la NASA.

Galaxy Zoo est un projet Zooniverse. Le Zooniverse est un ensemble de projets scientifique citoyens basé sur internet, qui utilise les efforts et les capacités de volontaires afin d'aider les chercheurs a gérer le flot de données qu'ils ont à manipuler.

Galaxy Zoo est un projet Zooniverse.
Le Zooniverse est un ensemble de projets scientifique citoyens basé sur internet, qui utilise les efforts et les capacités de volontaires afin d’aider les chercheurs a gérer le flot de données qu’ils ont à manipuler.

Les démarches deviennent protéiformes, en prenant davantage en considération l’utilisateur, ses aspirations et ses modes de communication : les mécanismes de participations se diversifient. La gamification permet aux internautes de participer de façon ludique aux expérimentations, Foldit est une de ces plateformes. Celle-ci propose aux internautes des puzzles de structures de protéines, l’objectif étant de plier ces protéines pour produire un score correspondant au niveau d’énergie générée. Les scientifiques peuvent utiliser les différentes manières d’aborder les puzzles par le cerveau humain à travers les internautes, dans le but d’améliorer leurs algorithmes d’analyse et de générer davantage de possibilités.Foldit

Des démarches peuvent également se passer de site dédié en proposant aux internautes de participer à des recherches scientifiques d’une manière différente, directement sur les réseaux sociaux. Il s’agit d’utiliser ces réseaux pour diffuser et interagir avec les internautes, l’exemple de la British Library concernant une inscription inconnue retrouver sur une épée médiévale est intéressant. Cette démarche a été réalisée en août dernier et a permis de solliciter des internautes à grande échelle et dans un laps de temps court permettant de donner une vision rapide sur les résultats.

The British Library

Ces démarches aux objectifs multiples permettent d’imaginer le champ des possibles offert par les sciences participatives et collaboratives. Le numérique permet aux scientifiques et aux chercheurs de pouvoir décupler leur possibilité en matière de recherche, il leur appartient de s’en emparer et de développer des projets dans ce sens, tout en tenant compte des spécificités de ces démarches en ligne.

Le repositionnement de la figure du scientifique

Pour favoriser ces projets scientifiques, le rapport identifie les bonnes pratiques à destination des porteurs de projet. Ces  bonnes pratiques sont rédigées comme un guide pratique et s’appuient sur l’enquête réalisée à travers des consultations en ligne et autres entretiens de porteurs de projets. Ce guide passe en revue l’ensemble des étapes de conception et de mise en œuvre d’une démarche de science participative, le tout sous la forme de questions-réponses et de boites à idées.

La question de l’engagement des participants, de la mise en place de gratification et de la gestion des données sont évoquées. Il ne s’agit plus seulement de faire travailler sur ses recherches en se déconnectant du web une fois les données transmises par les participants, mais de trouver des moyens d’impliquer les internautes dans une expérience complète.

Il s’agit là d’une évolution importante dans le travail du chercheur et du scientifique, il doit se muer en communicant et animer son réseau de contributeur en parallèle de ses recherches. Il doit composer avec les codes du web 2.0 en apprenant à partager ses résultats. En filigrane on comprend que les sciences participatives doivent nécessairement comprendre une part de collaboratif pour instaurer un échange durable. Les contributeurs familiers des projets de crowdfunding (financement participatif) s’attendent à recevoir une forme de gratification de la part du porteur de projet, pourquoi en serait-il autrement pour ces démarches ?

Ainsi le guide des bonnes pratiques évoque des idées permettant d’ « entretenir et [de]reconnaître l’engagement des participants » en :

  • Impliquant tous les acteurs engagés à chaque étape
  • En adaptant la participation aux différents types de contributeurs
  • En combinant les leviers individuels et collectifs : dimension ludique, système de récompenses, gratification ou appartenance à une communauté, etc.
  • En communiquant régulièrement pour renouveler l’intérêt du programme et attirer de nouveaux participants
  • Etc.

Autant d’éléments nécessitant de penser sa plateforme et ses modes de communication bien en amont du projet.

Les leviers et actions pour favoriser les sciences participatives

Le rapport met également en exergue la nécessité d’organiser et d’adapter les moyens techniques, financiers et réglementaires, ce qui passerait, selon les conclusions de l’étude, entre autres par :

  • La création d’une charte française des sciences participatives
  • La création d’un portail dédié pour recenser, promouvoir, encadrer, accompagner les démarches et mutualiser les initiatives
  • L’adaptation des critères de sélection des appels à projets pour faciliter l’accès aux financements à ces démarches
  • L’intégration de la participation dans la stratégie des organisations de recherche
  • La création une licence spécifique pour favoriser le partage des données issues de ces démarches

Un bien vaste programme, reste à attendre de voir quelles actions de ce rapport seront retenues et mise en œuvre dans les prochains mois.

Sources

Mission sciences participatives

Donner un nouveau souffle aux sciences participatives – Le Monde

La fabrique des mobilités : un dispositif innovant au service des acteurs des transports et de la mobilité

A l’heure de l’open data, les collectivités multiplient les initiatives pour dynamiser leur territoire et soutenir des projets de création de nouveaux services. A travers cette interview de Gabriel Plassat, expert mobilités à l’ADEME, nous avons souhaité vous faire découvrir l’initiative de la fabrique des mobilités, un dispositif innovant qui offre une vision du rôle que peuvent jouer les territoires au sein des processus d’innovation.

En quelques mots, pouvez-vous nous décrire le projet de la fabrique des mobilités ?

La fabrique des mobilités est un dispositif de soutien à l’innovation porté par l’ADEME. Notre objectif est d’accompagner des projets innovants dans le domaine des transports et des mobilités et d’accélérer leur développement.

Nous sommes partis du constat qu’il existait de nombreux dispositifs de soutien financier adressant les porteurs de projets innovants mais peu de dispositifs d’accompagnement axés sur la mise à disposition de ressources. Aussi, nous avons souhaité développer ce type de dispositif. Ces ressources sont mises à disposition par nos partenaires : groupes industriels, laboratoire de recherche, écoles, territoires, …

Notre accompagnement s’inscrit dans la continuité de ceux proposés par les incubateurs et les pépinières. Mais au contraire des incubateurs et des pépinières, nous n’avons pas de lieu physique. Les projets restent là où ils ont créés. Notre objectif est simplement d’augmenter leurs chances de succès en leur apportant des ressources supplémentaires et spécialisées.

Vous invitez les territoires à devenir « des plateformes de ressources organisées », quel est le rôle des collectivités territoriales au sein de la fabrique des mobilités ?

Dans le domaine des transports, le territoire a un rôle clef. Un industriel ou une start-up ne peut pas innover dans un laboratoire. Les services doivent être conçus en lien avec la complexité des territoires et cela passe par une nécessaire phase de co-création.

Nous collaborons aujourd’hui avec plusieurs territoires comme le Grand Lyon, la région Ile de France, le département des Alpes Maritimes, la Métropôle de Nice Côte d’Azur, la Communauté d’Agglomération Nice Sophia Antipolis ou encore la ville d’Issy les Moulineaux. Ces différents acteurs vont mettre plusieurs ressources à disposition des porteurs de projets : infrastructures, routes, lignes de bus, données mais aussi communauté d’utilisateurs qui permettront d’obtenir un retour sur le service.

Nous commençons en ce moment même à accompagner nos premiers projets. Dans le cadre d’un projet sur le co-voiturage par exemple, les territoires peuvent mettre à disposition des porteurs de projets leurs données concernant le transport.

Image1

Vos rapports soulignent également les différences entre les enjeux locaux propres à chaque territoire et l’importance pour les projets innovants d’un déploiement national ou mondial, comment, réussissez-vous à faire coexister ces deux objectifs ?

Notre dispositif est tourné vers les entrepreneurs. L’entrepreneur n’est pas là pour résoudre les problématiques spécifiques de chaque territoire. En revanche, nous sommes convaincus que si le projet trouve un marché, c’est que la solution répond aux problèmes que rencontrent les collectivités et les usagers.

Pour un territoire qui souhaiterait dynamiser l’innovation, quelles sont les premières étapes à mettre en place ?

L’innovation c’est d’abord une culture. Elle doit être mise en mouvement par un ensemble de personnes. On pourrait donc conseiller aux territoires de s’appuyer au maximum sur les réseaux déjà existants et d’afficher leur volonté de s’ouvrir. Les politiques d’open data en sont un bon exemple.

En ce qui concerne la stratégie de la fabrique des mobilités, notre volonté est de construire un écosystème aussi perméable que possible pour que chaque acteur puisse prendre part aux projets. Cela doit nous permettre de construire une réflexion collective autour de problématiques actuelles. Aussi, nous essayons de collaborer avec les porteurs de projets dès les prémices de leurs initiatives. Enfin, pour trouver des solutions aux problèmes, il faut parfois tester et essayer un maximum d’idées : cela nécessite, notamment, de sortir d’une logique de marché.

Une des missions que s’est fixée la fabrique des mobilités est d’assurer la gestion des « communs ». Il s’agit là d’une notion relativement nouvelle et très fortement liée à l’émergence de l’économie collaborative. Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur cette notion ? Quels sont les communs utilisés dans le cadre des projets de la fabrique des mobilités ?

Le concept des communs vient des plateformes ouvertes. Un « commun » est une ressource gérée par une communauté, elle est à la fois indispensable et non compétitive : donnée, logiciel, matériel, … La communauté peut être composée de différents types d’acteurs : citoyens, entreprises, collectivités…

Le meilleur exemple de commun est sans doute Wikipédia. En effet, l’encyclopédie est gérée par une communauté d’internautes qui peuvent rédiger et commenter divers articles. Cet exemple montre également qu’ouverture ne rime pas avec anarchie. Pour pouvoir écrire sur Wikipédia, il faut respecter un ensemble de règles. C’est exactement pareil pour l’open data, il existe différentes licences qui imposent des règles aux utilisateurs.

Notre rôle à la fabrique des mobilités, c’est d’abord de recenser l’ensemble des communs existants. En améliorant leur accessibilité, nous permettons aux entrepreneurs de ne pas réinventer la roue mais au contraire de donner de la valeur aux communs. L’objectif est de capitaliser sur chaque projet.

Quelles sont les prochaines étapes ?

Nous entamons les premiers projets. Parallèlement, nous construisons nos outils. Nous travaillons, notamment, sur la connexion des différents acteurs et les compétences clefs à travers la plateforme kumu.io/fabmob. Nous organisons également plusieurs ateliers pour permettre aux acteurs d’échanger. Enfin, nous continuons de chercher de nouveaux territoires et industriels avec lesquels collaborer.

 

Pour plus de renseignements rendez-vous sur le site de la fabrique des mobilités

“Smart Tourisme”, vers un tourisme plus intelligent ?

Après la « Smart City », il est venu le temps du « Smart Tourisme ». Nous vous proposons de revenir sur quelques initiatives qui ont, dores et déjà, marqué l’année 2015 et lancé l’avènement du « Tourisme intelligent ».

Qu’est-ce que le « Smart Tourisme » ?

Le « Smart Tourisme », c’est le terme tendance en 2015. On ne compte plus les articles qui abordent le sujet. Le concept a émergé en parallèle de la notion de « Smart City », il prône le développement d’une nouvelle offre touristique basée sur le cloud, l’Internet des objets, et des applications smartphones. L’objectif est de construire une « destination touristique intelligente » à l’échelle d’une ville ou d’un territoire.

Comme dans le concept des « Smart City », l’objectif est d’apporter aux visiteurs une information personnalisée et en temps réel mais également de pouvoir, à l’aide de capteurs, mesurer l’influence des lieux touristiques et de connaitre les différents parcours des touristes.

Créer une « Destination intelligente » 

Afin d’améliorer la satisfaction des touristes, plusieurs villes se sont lancées dans le « Smart Tourisme ». De manière générale, le « Smart Tourisme » repose sur un dispositif technique composé de trois principaux éléments :

  • Le cloud computing qui permet de stocker des plateformes et des informations à moindre coût. On peut ainsi imaginer créer un guide exhaustif de la destination que l’internaute n’aurait pas forcément à télécharger pour y accéder.
  • L’internet des Objets qui se matérialise par des capteurs (Beacons), qui permettent aux destinations de proposer une information personnalisée et contextualisée aux touristes; celle-ci envoyant des notifications sur les appareils connectés des touristes passant à proximité . Ces capteurs permettent également d’obtenir des informations sur la fréquentation des différents lieux.
  • L’Open Data qui permet de mettre à disposition les données de la ville à des partenaires privés comme publics.

New-york, Varsovie, des villes à la pointe du mouvement :

linknyc

La condition sine qua non pour que ce tourisme d’un nouveau genre émerge : c’est d’offrir une connexion internet gratuite, optimale et efficace sur l’ensemble du territoire. La ville de New York l’a bien compris, et est, aujourd’hui, en train de mettre en place un réseau Wi-Fi gratuit et ultra performant. Ce déploiement est associé à la mise en place de bornes tactiles disséminées en ville. Le réseau offrira la possibilité pour les touristes d’appeler gratuitement des numéros de téléphone aux Etats-Unis. Le projet porte le nom de LinkNYC et prévoit la mise en place de plus de 10 000 bornes interactives dans les années à venir.

Enfin, la ville de Varsovie est sur le point de créer un réseau de balises beacons qui permettra d’envoyer des informations précises aux touristes concernant l’environnement qui les entoure.

Quel rôle pour l’organisme de tourisme ?

Au vu des moyens nécessaires à la création d’une offre « SmartTourisme », les organismes de tourisme ne peuvent évidemment pas agir seuls. En revanche, ils ont un vrai rôle à jouer en tant médiateur de leur territoire.

Nous vous en avions déjà parlé lors d’un article précédent, à l’instar des collectivités territoriales, dans un futur proche, l’Office du Tourisme devra certainement s’organiser en “plateforme”. Ainsi son rôle serait de :

  • Mettre en relation les différents acteurs : collectivités, Start-up, habitants et touristes
  • Assurer la qualité et l’homogénéité de l’offre touristique
  • Prendre en charge la gestion des données touristiques

Lisbonne, ville pionnière dans le domaine de l’Open Data, a su mettre en avant ses données et en favoriser la réutilisation. La Ville a participé à l’organisation de concours avec des partenaires privés, par exemple avec l’opérateur Vodafone, pour encourager la création d’applications. Des projets comme « Spot in Lisbonne » ou « Through my eyes » ont pu voir le jour. La première application est un guide touristique classique entièrement adapté aux smartphones. La seconde, plus complexe, est basée sur le crowdsourcing et permet aux touristes de découvrir la ville à travers des parcours créés par des habitants mais aussi de créer leurs propres parcours, de comparer et de commenter les restaurants et les hôtels; le tout sur fond de réseau social.

L’expérience touristique se résume-t-elle à un tourisme intelligent ?

Les nouvelles technologies de l’information et de la communication permettent d’aider et d’orienter le touriste d’une manière de plus en plus précise et personnalisée. Mais l’expérience touristique se résume-t-elle à une expérience balisée ? Quid des petits imprévus qui forgent nos souvenirs ?

L’organisme de tourisme devra renforcer son rôle de médiateur en relevant 2 défis :

  • développer des synergies entre les acteurs privés et publics de son territoire pour encourager le développement de produits innovants;
  • identifier plus précisément les attentes des visiteurs pour leur offrir un accompagnement quasi sur-mesure.

L’Open Data : «bientôt» par défaut ?

L’actuelle secrétaire d’Etat au Numérique, Axelle Lemaire, souhaite inscrire dans le droit français le fait que, « par défaut, une donnée publique se doit d’être ouverte et que toute fermeture soit explicitement expliquée, justifiée et réversible ».

Les enjeux de l’Open Data 

Au niveau économique, il est difficile de mesurer les retombées directes de l’Open Data car ce sont bien souvent des « externalités positives » (1). D’après un rapport de la Commission Européenne paru en 2011, la donnée publique représente un marché en pleine croissance de l’ordre de 40 milliards d’euros par an. Les enjeux sont doubles : à court terme pour le développement du numérique et à long terme pour la croissance et l’emploi.

La réutilisation des données publiques permet de stimuler l’innovation dans l’économie numérique, à travers le développement d’applications, notamment mobiles :

  • Tranquilien renseigne les Parisiens sur le taux de remplissage des trains heure par heure et ligne par ligne.

tranquilien

  • Instacare permet de géolocaliser tous les lieux de santé (hôpitaux, pharmacies, médecins de garde…) dans un rayon de 2 km autour de l’utilisateur.
  • PlayZone permet aux parents de géolocaliser les meilleures aires de jeux en fonction de l’âge des enfants et des envies du moment.
  • PeakFinder indique le nom des montagnes du monde entier à l’aide d’un affichage panoramique de 360° ; en plus, l’application fonctionne hors zone.

L’Open Data en France, un mouvement initié à l’échelle locale

Alors qu’aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, les démarches Open Data sont initiées au niveau du gouvernement, en France, c’est l’agglomération de Rennes qui lance le mouvement en 2010. Elle met en ligne un catalogue de données ouvertes : Rennes Métropole accès libre. L’objectif : faciliter la vie des citoyens, notamment en termes de transport, grâce aux données ouvertes du réseau de transport public de Rennes Métropole (Keolis). La ville sert de modèle à d’autres agglomérations (Paris, Nantes, Bordeaux…) et à plusieurs départements (Loire-Atlantique, Gironde…) qui se lanceront dans l’aventure Open Data. D’après les derniers chiffres de l’association Open Data France, seules 60 collectivités locales ont une stratégie Open Data.

Les raisons ?

  • Manque de volonté politique, souvent pour des raisons idéologiques
  • Bénéfices difficiles à évaluer par rapport aux investissements financiers bien réels que cela implique
  • Réticence des agents qui craignent une charge de travail supplémentaire

Pour la grande majorité des collectivités territoriales, un travail d’évangélisation et de diffusion d’une culture de l’ouverture et de l’innovation reste à faire.

open data3

Un mouvement piloté par l’Etat depuis 2011

A travers la création de la mission Etalab, l’Etat français a souhaité reprendre en main le mouvement de l’Open Data. Initialement, la démarche de l’Etat était focalisée sur la centralisation des données à travers la plateforme data.gouv.fr ainsi que la fédération des acteurs de l’Open Data à travers les Dataconnexions. Désormais, le but est d’accélérer et généraliser l’Open Data en France, pour en faire un levier de croissance et d’emploi :

  • En mars 2015, l’Assemblée Nationale a adopté un amendement obligeant les collectivités territoriales de plus de 3 500 habitants à mettre en ligne toutes les informations publiques qu’elles possèdent en format numérique.
  • Le 18 juin dernier, le Conseil National du Numérique (CNNum) a remis à la Gaité Lyrique le rapport « Ambition Numérique » au Premier Ministre. Manuel Valls a alors annoncé qu’un projet de loi sur le numérique arrivera à l’Assemblée Nationale cet automne. Parmi les 70 propositions, celle d’inscrire dans la loi le principe d’Open Data par défaut.

Aux dernières nouvelles, ce texte – dont les grandes lignes devaient être dévoilées en juillet – fera l’objet de 2 projets de loi, dont une partie sera inscrite dans la loi Macron II, prévue à l’automne.

 

(1) En économie, cela désigne les actions d’un agent économique qui ont un impact positif sur le bien-être et le comportement d’autres agents ; cet impact n’est pas pris en compte dans les calculs de l’agent qui le génère.

 

Items portfolio