Articles

Le nouveau site de la Ville de Bron est en ligne !

Nous avons eu la chance d’accompagner la Ville de Bron dans une mission d’assistance à maîtrise d’ouvrage pour la refonte de leur site internet.

Fruit d’une riche collaboration avec les équipes de la Ville de Bron ayant débutée en 2016, ce nouveau site est résolument moderne et graphique, il a été intégralement repensé pour être tourné vers les attentes des internautes. Ainsi, l’ensemble de la structuration de l’information a été revue pour mieux valoriser les contenus et les services. L’accessibilité a été mise à l’honneur, avec pour objectif d’atteindre le niveau RGAA. Le moteur de recherche se veut performant, en proposant une recherche par mots clés et des filtres, afin de garantir un accès à l’information pertinent et rapide.

La page d'accueil du nouveau site web de la Ville de Bron

Au-delà des fonctionnalités attendues sur tout site internet, la Ville a souhaité donner un supplément d’âme à cette nouvelle plateforme en développant des contenus permettant à tous de découvrir ou de redécouvrir Bron, son histoire, son patrimoine et son environnement, au fil de balades : les chemins des savoirs.

Des balades urbaines dans le temps à porté de main

L’outil cartographique a été refondu pour proposer des contenus exclusifs sur la Ville de Bron à travers ses chemins des savoirs. La Ville de Bron souhaite mettre à l’honneur son patrimoine culturel, naturel et historique en proposant des itinéraires thématiques aux Brondillants et autres visiteurs.

Les chemins des savoirs, balades urbaines dans l'histoire de Bron

Ces itinéraires ont pour objectif de valoriser le patrimoine à travers des parcours à faire à pieds, en transports en commun ou à vélo ; en solo, en couple ou en famille. En bénéficiant à chaque étape de photographies d’archives et de textes de présentation accompagnés d’anecdotes inédites, le tout accessible depuis un mobile et une tablette sur le nouveau site web.

Les Brondillants sont également invités à partager leurs photographies et anecdotes pour enrichir ces chemins dans une démarche participative. Il est ainsi possible de proposer ses contenus à travers un formulaire de contact ou les réseaux sociaux.

Lien : http://www.ville-bron.fr/ 

“Smart Tourisme”, vers un tourisme plus intelligent ?

Après la « Smart City », il est venu le temps du « Smart Tourisme ». Nous vous proposons de revenir sur quelques initiatives qui ont, dores et déjà, marqué l’année 2015 et lancé l’avènement du « Tourisme intelligent ».

Qu’est-ce que le « Smart Tourisme » ?

Le « Smart Tourisme », c’est le terme tendance en 2015. On ne compte plus les articles qui abordent le sujet. Le concept a émergé en parallèle de la notion de « Smart City », il prône le développement d’une nouvelle offre touristique basée sur le cloud, l’Internet des objets, et des applications smartphones. L’objectif est de construire une « destination touristique intelligente » à l’échelle d’une ville ou d’un territoire.

Comme dans le concept des « Smart City », l’objectif est d’apporter aux visiteurs une information personnalisée et en temps réel mais également de pouvoir, à l’aide de capteurs, mesurer l’influence des lieux touristiques et de connaitre les différents parcours des touristes.

Créer une « Destination intelligente » 

Afin d’améliorer la satisfaction des touristes, plusieurs villes se sont lancées dans le « Smart Tourisme ». De manière générale, le « Smart Tourisme » repose sur un dispositif technique composé de trois principaux éléments :

  • Le cloud computing qui permet de stocker des plateformes et des informations à moindre coût. On peut ainsi imaginer créer un guide exhaustif de la destination que l’internaute n’aurait pas forcément à télécharger pour y accéder.
  • L’internet des Objets qui se matérialise par des capteurs (Beacons), qui permettent aux destinations de proposer une information personnalisée et contextualisée aux touristes; celle-ci envoyant des notifications sur les appareils connectés des touristes passant à proximité . Ces capteurs permettent également d’obtenir des informations sur la fréquentation des différents lieux.
  • L’Open Data qui permet de mettre à disposition les données de la ville à des partenaires privés comme publics.

New-york, Varsovie, des villes à la pointe du mouvement :

linknyc

La condition sine qua non pour que ce tourisme d’un nouveau genre émerge : c’est d’offrir une connexion internet gratuite, optimale et efficace sur l’ensemble du territoire. La ville de New York l’a bien compris, et est, aujourd’hui, en train de mettre en place un réseau Wi-Fi gratuit et ultra performant. Ce déploiement est associé à la mise en place de bornes tactiles disséminées en ville. Le réseau offrira la possibilité pour les touristes d’appeler gratuitement des numéros de téléphone aux Etats-Unis. Le projet porte le nom de LinkNYC et prévoit la mise en place de plus de 10 000 bornes interactives dans les années à venir.

Enfin, la ville de Varsovie est sur le point de créer un réseau de balises beacons qui permettra d’envoyer des informations précises aux touristes concernant l’environnement qui les entoure.

Quel rôle pour l’organisme de tourisme ?

Au vu des moyens nécessaires à la création d’une offre « SmartTourisme », les organismes de tourisme ne peuvent évidemment pas agir seuls. En revanche, ils ont un vrai rôle à jouer en tant médiateur de leur territoire.

Nous vous en avions déjà parlé lors d’un article précédent, à l’instar des collectivités territoriales, dans un futur proche, l’Office du Tourisme devra certainement s’organiser en “plateforme”. Ainsi son rôle serait de :

  • Mettre en relation les différents acteurs : collectivités, Start-up, habitants et touristes
  • Assurer la qualité et l’homogénéité de l’offre touristique
  • Prendre en charge la gestion des données touristiques

Lisbonne, ville pionnière dans le domaine de l’Open Data, a su mettre en avant ses données et en favoriser la réutilisation. La Ville a participé à l’organisation de concours avec des partenaires privés, par exemple avec l’opérateur Vodafone, pour encourager la création d’applications. Des projets comme « Spot in Lisbonne » ou « Through my eyes » ont pu voir le jour. La première application est un guide touristique classique entièrement adapté aux smartphones. La seconde, plus complexe, est basée sur le crowdsourcing et permet aux touristes de découvrir la ville à travers des parcours créés par des habitants mais aussi de créer leurs propres parcours, de comparer et de commenter les restaurants et les hôtels; le tout sur fond de réseau social.

L’expérience touristique se résume-t-elle à un tourisme intelligent ?

Les nouvelles technologies de l’information et de la communication permettent d’aider et d’orienter le touriste d’une manière de plus en plus précise et personnalisée. Mais l’expérience touristique se résume-t-elle à une expérience balisée ? Quid des petits imprévus qui forgent nos souvenirs ?

L’organisme de tourisme devra renforcer son rôle de médiateur en relevant 2 défis :

  • développer des synergies entre les acteurs privés et publics de son territoire pour encourager le développement de produits innovants;
  • identifier plus précisément les attentes des visiteurs pour leur offrir un accompagnement quasi sur-mesure.

Le « crowdfunding citoyen » : une opportunité pour les villes et leurs habitants ?

Il y a quelques jours, la Pebble time, la montre connectée, récoltait plus de 20 millions de dollars en 31 jours, grâce aux dons de plus de 78 000 personnes, à travers la plateforme kickstarter.

Développé grâce à l’émergence des technologies de l’information, le  financement participatif ou crowdfunding n’est pas un phénomène nouveau.

Pour faire face aux exigences de leurs administrés dans un contexte de restrictions budgétaires, de plus en plus de villes, notamment aux Etats-Unis, cherchent à y répondre à travers des démarches  de « crowdfunding citoyen ».  Assiste-t-on à une tendance lourde dans la gestion de nos villes ou est-ce un phénomène propre à la culture anglo-saxonne ?  ? Quelles sont les craintes soulevées par cette nouvelle tendance ?

La naissance du « civic-crowdfunding » ou « crowdfunding citoyen »  

bogota

Le « crowdfunding », ou financement participatif est, depuis une dizaine d’années, en pleine expansion. En France, un livre blanc de la finance participative paru en 2012 a évalué à  6 millions d’euros le montant global collecté depuis 2010.

L’un des plus grands coups de maître du « crowdfunding citoyen » reste à ce jour l’appel à la foule, réalisé par Rodrigo Niño, pour financer la construction d’un gratte-ciel à Bogota. Plus de 132 millions d’euros ont été réunis en quelques mois. Fort de ce succès,  le fondateur de la plateforme Prodigy Network, a lancé le site Miciudadideal.com qui permet aux internautes de participer au développement de la ville de Bogota. Sur cette plateforme, les internautes peuvent réfléchir ensemble aux projets d’évolutions qu’ils souhaitent pour leur ville.

Selon un rapport de la Fing, le « crowdfunding citoyen » permet la réalisation de projets pour lesquels la ville ne dispose pas des ressources nécessaires. La Fing met en avant le lien social que permet de créer cette démarche et la nécessaire transparence qu’impose le crowdfunding.

Les inconvénients du crowdfunding

Même si les exemples d’arnaques ou de projets non réalisés sont rares, le crowdfunding offre très peu de garanties aux investisseurs. Une étude menée par  Ethan R. Mollick montre que 75% des produits sont livrés en retard.

En 2013, The Lowline project a réussi à réunir plus de 150 000 $ pour financer, dans une ancienne station de métro, la construction d’un parc communautaire fonctionnant grâce à l’énergie renouvelable. Les fonds ont en réalité servi à la construction d’un événement promouvant la création de ce lieu. Pour être réalisable ce projet devra être repris par la municipalité. Il y a fort à parier que de nombreuses batailles juridiques seront nécessaires pour que le projet puisse voir le jour.

Pour le crowdfunding citoyen, comme le crowdfunding classique, l’un des problèmes majeurs est celui de la responsabilité des acteurs. Les plateformes assurent le transfert de l’argent mais une fois le projet financé toutes refusent d’être responsables des travaux de réalisation.

Quelles plateformes pour le crowdfunding citoyen ?

Avec Tony DeSisto, co-fondateur de la plateforme www.citizinvestor.com, nous avons tenté de comprendre comment fonctionnent ces plateformes et quels sont leurs avantages et leurs limites.

Citizinvestor est une plateforme nationale qui permet aux internautes et aux municipalités de proposer des idées ou des projets pour améliorer leurs villes. Les institutions déposent des projets pour obtenir des fonds. Les citoyens propose des idées qui, si elles sont suffisamment soutenues par la communauté seront relayés auprès de la ville concernée par l’équipe de la plateforme.

Cette première plateforme développée par l’équipe présentait selon Tony DeSisto, un désavantage majeur : la difficulté de passer de la phase d’idéation à la phase de réalisation. En effet, le caractère national de la plateforme n’était pas propice à la création d’une communauté locale ou même d’un engagement fort de la part des villes. Pour combler cette lacune, l’équipe vient de lancer une nouvelle offre Citizinvestor connect. Il s’agit techniquement de la même plateforme sauf qu’elle est dédiée uniquement à une ville.

Cette nouvelle formule présente plusieurs avantages :

  • Elle favorise le développement d’une communauté d’habitants
  • Elle rend les idées et les projets plus visibles
  • Elle favorise plus facilement l’adhésion à un projet en raison des bénéfices perçus par les citoyens
  • Elle crée une proximité plus importante entre les citoyens et les élus
  • Elle permet d’organiser le suivi des projets sur la plateforme

Les politiques publiques à la carte, quels risques pour nos villes ?

Les principaux opposants au « crowdfunding citoyen » soulignent que ce type de démarche renforce les inégalités entre les villes riches et les villes pauvres ; les quartiers ou les villes les plus riches ayant la possibilité de financer leurs projets au contraire des quartiers pauvres.

Le « crowdfunding citoyen » : vers la disparition des états ?

Certains hommes politiques, à l’image du conservateur Norquist, voient dans ce phénomène la confirmation de leur thèse : la réduction du budget de l’état étant irréversible, ils prônent une réduction des impôts et le désengagement de l’état de certains services pour laisser la place aux entreprises et aux particuliers, plus à même à répondre aux besoins de la population à un meilleur coût.

Ethan Zuckerman, directeur du MIT Center of Civic Media, lui propose quelques règles qui doivent servir de garde-fou, garantir un usage intelligent du « crowdfunding citoyen » et éviter de  « transférer la responsabilité publique » sur des donateurs connectés à l’internet :

  • Eviter la rhétorique qui postule que le financement participatif est un remède à l’inaction du gouvernement ;
  • Faire en sorte que le financement participatif attire l’attention sur des enjeux sociétaux et pose les bases d’une réflexion collaborative ;
  • Toujours privilégier le recours au capital social avant le capital financier : privilégier le bénévolat au don ;
  • Ne pas laissez les autorités transformer les projets non financés en projets de financement participatif.

Nouvelle vision politique et organisation de la vie citoyenne ?

Aujourd’hui, le « crowdfunding citoyen » est une tendance de fond. Il permet de pallier la réduction des budgets publics et correspond à un réel désir des citoyens de s’investir dans le développement de leur ville.  Toutefois, il questionne à la fois la place des citoyens dans l’action publique mais également le périmètre et la nature des services qui doivent être financés par l’impôt.

Pour rendre le « crowdfunding citoyen » pertinent et efficace, les institutions publiques vont devoir repenser les logiques « top down » qui caractérisent le fonctionnement des administrations, notamment en replaçant les citoyens au centre de la réflexion sur la construction de nos villes.